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Comme Pionnière?

Porter son pays dans l’âme

Inventer, créer, développer quelque chose de nouveau, c’est prendre la direction des ces sentiers souvent peu battus, voire parfois vierge de toute trace de pas.  C’est être pionnier d’une certaine manière avec tous les risques que comporte ces chemins habituellement faits de beaucoup de solitude.  Une expression du Québec dit qu’il faut être « ferré » pour maintenir le cap lorsque l’on prend cette direction. Et où que je sois, je porte toutes les leçons de vie que ce peuple courageux et obstiné qui est le mien, m’a transmis.

Pour ceux qui ne me connaissent pas ou pas encore beaucoup, n’auront peut-être pas encore deviné à quel point je suis attachée à ma culture, à mon pays d’hiver comme le chantait si bien Gilles Vigneault. 

Mes sapins et mes bouleaux, mes montagnes et mes lacs qui vivent dans ma tête, et tous ces chemins que j’ai conduit jusqu’à leur bout du bout sur cette terre encore hostile pour aller à la rencontre de tous ces gens qui m’ont tant donné. Je suis devenue un peu de ce qu’ils sont tous.

Du nord au sud et de l’est à l’ouest, de l’Abitibi-Témiscamingue à la Baie James ou encore des Iles Mingan dans le golfe St-Laurent jusqu’au bout des monts Chic Choc en Gaspésie. Du Mont Apica jusqu’à la rivière Mistassini, j’ai croisé ces vestiges de ces pionniers qui ont su résister, et qui ont fait de nous, la fierté de que nous sommes. 

La trace qui reste de nos pionniers à Val-Jalbert au Lac St-Jean.

Et que dire de toutes ces chansons et gigues rythmées par les pieds et des voix qui « turlutent » sur la vie dure, le froid et l’hiver…

Mes racines québécoises profondément ancrées sont toujours bien vivantes et ont influencé mon travail, mon écriture, ma philosophie de vie, mon lien avec cette nature si présente, si enveloppante, et la nature humaine tout comme le regard sur le monde.

Apprendre et persévérer...

Et la santé des organisations, c’est aussi un peu tout ça… un parcours atypique, des expériences professionnelles hors du commun au Québec et ailleurs dans le monde.    Beaucoup de missions d’accompagnement managérial, d’audits, d’analyses organisationnelles, d’implantation de services de gestion et services sociaux au sein des communautés autochtones et Inuit; beaucoup de temps passé auprès de dirigeants et gestionnaires faisant face à des défis parfois gigantesques.  J’ai aussi tant appris d’eux. 

Être pionnier signifie peut-être simplement choisir de faire face aux dilemmes de l’inconnu et persévérer.  Et, le Québec étant une terre prémonitoire pour les femmes de caractère parce qu’elles ont survécu à des terribles conditions de vie et des environnements plus qu’austères, je ne suis qu’une modeste et humble descendante de ces femmes. Le récit de Maria Chapdelaine, grande pionnière originaire du Lac St-Jean, ma terre en mon coeur et âme, a marqué toute mon enfance et s’est inscrit dans l’esprit de ceux et celles qui l’ont suivie et s’en sont inspirées. 

Et puis, il faut bien un jour poser ses valises.  C’est en Bretagne que j’ai trouvé une partie de ce qui me rappelle mes racines. Je crois y avoir trouvé beaucoup de ressemblances avec le tempérament, la culture, la musique celtique et cette fierté régionale bien vivante là aussi.  

Et puisque tous les voyages finissent par devenir de merveilleuses histoires de rencontres, cette dernière destination n’aura pas été une exception.  Si la santé des organisations existe aujourd’hui, et qu’elle est là où elle est maintenant, c’est bien grâce à une femme absolument extraordinaire qui a cru en moi et qui a poussé pour que j’écrive. Valérie a, elle aussi, fait preuve d’insistance sans jamais lâcher jusqu’à l’aboutissement de ce que la santé des organisations est devenue. 

A un croisement de chemins...

Je crois que j’étais aussi rendue à ce croisement de chemins où le besoin de transmettre, de donner, de raconter ce que toutes ces routes « voyagées » et ces nuages « survolés » et ces gens rencontrés, ont forgé ma vision du monde mais aussi celle du monde du travail. 

Valérie, cette docteure en psychologie sociale avec toute sa notoriété, sa prestance et sa grande humilité, aura été ce propulseur magistral dans la réalisation de cette ambition.  Je ne la remercierai jamais assez. 

Cette leçon que je retiens de toutes ces expériences?… C’est que nous ne sommes rien sans les autres… Et ce sont ces autres qui enrichissent qui nous sommes et ce que nous devenons.

La santé des organisations arrive à point, il faut aussi le dire. Le milieu du travail est en pleine transhumance… Beaucoup de mal-être, beaucoup de questions, beaucoup de doutes pour les salariés et les dirigeants. Le milieu professionnel, plus que jamais, semble générer aujourd’hui encore plus de défis qui paraissent de plus en plus déconcertants, affectant l’équilibre fragile qui nous constitue. 

A l’ère ou l’effervescence des imaginaires remplis de promesses intenables assaillent le milieu du travail, au moment où les risques psychosociaux continuent leur flambée, malgré toutes les initiatives de prévention engagées, il est peut-être temps de repenser comment aborder les problèmes. Il est aussi peut-être temps de parler santé des organisations parce qu’elle s’avère une réponse tellement adaptée aux réalités et enjeux organisationnels d’aujourd’hui et de demain.

Prisca Lépine

Missions professionnelles et rencontres d'exception...au coeur des "grands espaces".

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