Maeva Lainé

Psychologue du travail et des organisations

Le chemin parcouru...

Récemment diplômée du Master de psychologie sociale du travail et des organisations. J’ai découvert le domaine de la santé organisationnelle ainsi que Prisca LEPINE lors de mon stage en Master en tant que psychologue du travail au sein d’une grande entreprise. Prisca, m’a été désignée comme ma professeure référente et m’a accompagnée tout au long de mon stage. En outre, lorsque j’ai reçu son ouvrage, j’ai réalisé qu’il renfermait des années d’études que j’aurais dû suivre, ainsi que des connaissances que nous devrions tous acquérir, en particulier si nous prétendons être des psychologues du travail et des organisations compétents. En effet, l’université à elle seule ne m’a pas fourni le niveau de connaissances nécessaire pour me sentir pleinement confiante dans mon domaine d’expertise.

Cette rencontre a été décisive, car une fois sur place, j’ai rapidement pris conscience que se limiter à l’étude des risques psychosociaux (RPS) et de leurs conséquences sur les salariés était une approche bien trop restreinte, malheureusement souvent enseignée de cette manière.

En effet, cette approche se concentre uniquement sur la définition des RPS et leurs impacts sur les salariés, sans évaluer les sources mêmes des RPS. En ne s’intéressant pas à la genèse de ces risques psychosociaux, nous ne faisions que panser une plaie infectée.

De plus, j’ai compris que cette approche nourrit souvent une idée préconçue que les dirigeants peuvent avoir à propos des RPS, une définition poreuse et souvent teintée de psychologisation à l’égard des salariés. Il est plus facile de blâmer le salarié plutôt que de remettre en question les pratiques managériales et l’organisation de l’entreprise, car la situation de travail est souvent réduite à sa plus simple expression, le contact avec les autres, sans référence au réel du travail (organisation du travail, prise de décision, management, …). Mais il me semble prudent de préciser que le travail n’est pas juste un décor et sans convocation du tiers qu’est l’activité, la lecture psychologisante se développe et permet de renforcer les glissements de responsabilités de l’organisation vers les individus.

C’est là que l’approche de la santé des organisations, a véritablement résonné en moi. Selon moi, c’est cette approche qui répond réellement aux besoins d’une entreprise. Les démarches centrées sur les RPS et la qualité de vie au travail (QVT) sont devenues des termes souvent galvaudés, utilisés à des fins purement commerciales, afin d’accroître leurs attractivités, tout en évitant les réels problèmes. La QVT devenue QVCT, en particulier, semble avoir perdu de sa signification et est souvent utilisée comme un simple élément de façade. Quant aux RPS, ils sont souvent abordés dans une démarche purement légale, où l’entreprise se contente de répondre à une obligation sans réelle introspection.

L’approche de la santé organisationnelle, propose une vision plus systémique et durable de la gestion des RPS. Elle cherche à comprendre les mécanismes profonds qui engendrent ces risques psychosociaux, mettant ainsi l’accent sur la prévention plutôt que sur la simple réaction après coup. Elle encourage les entreprises à remettre en question leurs pratiques managériales, à repenser leurs organisations, elle cultive un état d’esprit et permet d’approfondir le changement de culture au sein d’une entreprise. 

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